Dans le paysage de La Alpujarra, l’architecture présente des éléments originaux caractéristiques de cette région : les rues, les places, les belvédères, les fontaines, les lavoirs, les tinaos (solution architecturale qui permet de créer des espaces couverts semi-privés ou semi-publics), les cheminées, les terrasses et les toits font de cet ensemble un lieu aux caractéristiques uniques. L’origine de ce type de construction remonte probablement aux tribus berbères qui peuplaient ces terres. Il existe une grande similitude avec les constructions des montagnes du Rif marocain, mais aussi avec d’autres endroits de la Méditerranée. L’architecture de La Alpujarra s’adapte à la géographie et aux conditions climatiques, en tirant parti des dénivelés et en utilisant les matériaux fournis par la nature.

Dans l’architecture de La Alpujarra, l’un des éléments les plus caractéristiques est le « tinao », un espace couvert qui forme un passage reliant les rues et les maisons. Dans certains cas, la partie supérieure peut abriter des pièces de la maison ou comporter les terrasses typiques de La Alpujarra, faites de « malhecho », un mélange de terre et de gravier, et de « launa », une argile imperméable à base d’ardoise décomposée. Les « tinaos » sont construits en appuyant sur les murs des maisons des poutres en bois, principalement en châtaignier, qui vont d’un côté à l’autre, des « alfarjías » (madrier transversales) et des dalles d’ardoise.
L’origine de ces constructions particulières remonte à l’époque musulmane, en particulier à la colonisation des Maures expulsés de Granada au XVe siècle. Dans l’urbanisme de La Alpujarra, elles servent de prolongement aux habitations, constituant un endroit où s’abriter des neiges hivernales ou du soleil estival pendant les travaux agricoles. Elles constituaient également un espace public où se rencontrer.

Les rigoles permettent d’acheminer l’eau qui jaillit des fontaines, les canaux coulent au centre des rues. Du Lavoir jusqu’à la partie la plus basse du village, on trouve l’un des canaux les plus importants de la population de La Alpujarra. Depuis la partie haute de la rue Estación, elle descend jusqu’à la Place de la Libertad pour continuer le long de l’emblématique rue Verónica, donnant lieu à l’une des images les plus populaires de Pampaneira. Ce n’est pas la seule, car l’une de ces voies hydrauliques traverse également la rue Partidero, bien qu’elle soit actuellement hors service.

La forme des maisons a dû s’adapter aux pentes de la montagne et aux conditions climatiques de la région. Pour construire les maisons, on a traditionnellement utilisé les matériaux de la région, tels que la pierre, les dalles d’ardoise, le bois (châtaignier, noyer et peuplier), le plâtre et la « launa », une argile grisâtre qui rend imperméables les toits et les terrasses typiques.
Les toits des maisons, toits plats ou « terrao », sont constituées de poutres en bois reposant sur d’épais murs porteurs, sur lesquelles sont posées des dalles d’ardoise irrégulières qui, selon leur taille, peuvent être maintenues à la verticale à l’aide de poutres en bois appelées « alfajías » ou « alfarjías ». Au-dessus, on applique un mélange d’argile appelé « malhecho » et enfin la « launa ». Les bords du toit sont recouverts de grandes dalles d’ardoise formant les avant-toits, sur lesquelles on pose de grosses pierres appelées « castigaeras ».
Le « terrao » de La Alpujarra est utilisé pour faire sécher les récoltes des potagers et pour étendre le linge.

Les cheminées sont un autre élément emblématique de La Alpujarra. Elles sont généralement de forme tronconique. Elles sont achevées d’une dalle d’ardoise en forme de couvercle sur laquelle est placée une pierre « castigaera » afin d’empêcher le vent de l’emporter, ce qui leur donne leur forme traditionnelle en « chapeau ».